Malgré un contexte politique et social difficile qui pèse lourdement sur le secteur culturel, le festival de la Mousson d’été réaffirme pleinement son engagement. Sa directrice artistique, Véronique Bellegarde, souligne la mission de l’événement : repérer et porter des paroles sans frontières ainsi que des écritures qui questionnent, bouleversent et renouvellent notre regard.
Cette édition met particulièrement en lumière une nouvelle génération de jeunes dramaturges européens — notamment serbes, croates, belges et catalans. Leurs œuvres singulières portent des forces de résistance sensibles et abordent des sujets graves avec ironie, subtilité, douceur apparente et drôlerie. Pour enrichir cette programmation, le festival a passé des commandes directes de traduction pour les textes de Jana Milivojević (Serbie) et d‘Oriol Morales Pujolar (Catalogne). Favorisant les échanges culturels, ces jeunes auteurs venus de toute l’Europe sont présents tout au long de la manifestation.
Les fictions présentées cette année font écho aux grandes inquiétudes et aux défis contemporains : l’artificialisation de la société, l’hyperconnectivité, la destruction de la planète, l’avenir des agriculteurs, les conflits armés et la recherche d’alternatives. Des auteurs de France, d’Italie, d’Autriche, d’Allemagne, de Russie, d’Australie et du Québec y expriment notre vulnérabilité tout en invitant à résister par la nature, la dissidence face à la violence d’État, l’amour et l’écoute acérée de l’autre érigée en urgence essentielle.
L’édition accorde également une place prépondérante au travail du son et à la création de paysages sonores immersifs — à travers des voix résonnant dans des chambres d’hôtel ou des jardins mitoyens, allant jusqu’à l’évocation de voix de substitution sur mesure. La musique rythmera toute la semaine grâce aux concerts d’artistes de la Mousson et à la création du Kabaret Pupkin. C’est ainsi un esprit passionné, joyeux et convivial, porté par une troupe artistique éphémère, qui souffle sur l’Abbaye des Prémontrés.
Une nouvelle génération d’auteurices au front
Parmi les rendez-vous phares de cette programmation riche en fictions vulnérables et résistantes, le public pourra découvrir :
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Et le monde resplendit d’Angus Cerini (Australie), traduit par Dominique Hollier et mis en scène par Véronique Bellegarde, qui met en scène un couple de fermiers confrontés à une sécheresse puis à des pluies torrentielles sur fond d’effondrement du monde rural.
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Une fin de Sébastien David (Québec), dirigé par Lélio Plotton avec la complicité de la dramaturge Lola Molina, qui dépeint les derniers moments de l’humanité à quelques semaines de l’extinction de la Terre.
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À court de larmes d’Adil Hassaïni (Belgique), mis en scène par Sacha Vilmar, une comédie intime explorant le deuil et la légitimité de la douleur.
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Madame Yamamoto est encore là de Dea Loher (Allemagne), traduite par Laurent Muhleisen et mise en scène par Aurélie Van Den Daele, qui tisse le quotidien d’une société active et avide de liens autour d’une voisine âgée.
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L’Homme en son jardin de Ludovic Longelin (France), texte lauréat de l’Aide à la Création d’ARTCENA, mis en scène par Lélio Plotton et troublé par une phrase dévastatrice venue d’un jardin voisin.
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Nous avons peur Nous apprenons à compter de Jana Milivojević (Serbie), traduite par Karine Samardžija et mise en scène par Cédric Gourmelon, explorant le passage à l’âge adulte dans un monde de contraintes.
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Insectes d’Oriol Morales i Pujolar (Catalogne), traduit par Laurent Gallardo et mis en scène par Véronique Bellegarde, où deux amies d’enfance imaginent l’avenir d’un village face à l’implantation d’une usine logistique géante.
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Golgotha de Jorge Palinhos (Portugal), traduit par Marie-Amélie Robilliard et mis en scène par Clémence Coullon, plongeant une adolescente dans un suspense haletant lié à la solitude hyperconnectée.
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Où va-t-on quand on part de Nikolina Rafaj (Croatie), traduite par Nicolas Raljevic et mise en scène par Camille Dagen, qui campe un hôtel transitoire où des destins hésités se frôlent.
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L’Apparition de Sandrine Roche (France), texte lauréat d’ARTCENA mis en scène par Stanislas Nordey, revisitant les codes d’un western pour fabuler un acte de mémoire collective face à la violence systémique.
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Les multiples voix de mon frère de Magdalena Schrefel (Autriche), traduite par Katharina Stalder et mise en ondes par Laurence Courtois pour France Culture, abordant la perte imminente de la voix et la recherche d’une assistance vocale sur mesure.
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Mécanismes de Fabrizio Sinisi (Italie), traduit par Pietro Pizzuti et mis en scène par Stanislas Nordey, interrogeant la création d’un être artificiel pour pallier le deuil d’un être cher.
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Attaque animale de Youlia Toupikina (Russie), traduite par Elena Gordienko et Alexis Vadrot, mise en scène par Samuel Buggeln, une comédie noire et absurdiste sur les réalités des soldats démobilisés et le maquillage des exactions en attaques d’animaux.
Son, cabarets et partenariats européens
Une attention particulière est accordée cette année au travail du son, à travers des paysages acoustiques et des fictions immersives. La musique rythmera également la semaine avec plusieurs concerts, dont le Kabaret Pupkin et le cabaret marionnettique Hen – Cabaret Love de Johanny Bert.
L’événement bénéficie du soutien de nombreux partenaires institutionnels et artistiques, parmi lesquels la Région Grand Est, la DRAC, le département de Meurthe-et-Moselle, l’Union européenne via le réseau Fabulamundi Playwriting Europe, ainsi que France Culture et ARTCENA.
Les lectures et mises en espace se dérouleront en entrée libre à l’Abbaye des Prémontrés jusqu’au 26 août, tandis que des spectacles payants et ateliers ouverts à tous complètent cette programmation artistique foisonnante.



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