Sceneweb
  • À la une
  • Actu
  • Critiques
    • Coup de coeur
    • A voir
    • Moyen
    • Décevant
  • Interviews
  • Portraits
  • Disciplines
    • Théâtre
    • Danse
    • Opéra
    • Cirque
    • Jeune public
    • Théâtre musical
    • Marionnettes
    • Arts de la rue
    • Humour
  • Festivals
    • Tous les festivals
    • Festival d’Avignon
    • Notre Best OFF
  • Cliquez pour ouvrir le champ de recherche Cliquez pour ouvrir le champ de recherche Rechercher
  • Menu Menu

Cédric Andrieux : « Le ballet de l’Opéra de Lyon danse tout le temps ! »

À la une, Danse, Lyon
Cédric Andrieux, directeur du Ballet de l'Opéra de Lyon
Cédric Andrieux, directeur du Ballet de l'Opéra de Lyon

Photo Muriel Chaulet

Après une carrière d’interprète, notamment dans la compagnie de Merce Cunningham, puis au Ballet de l’Opéra de Lyon, Cédric Andrieux le dirige depuis 2023. Un Ballet qui ne cesse de tourner et qui alterne répertoire et nouvelles créations. Cédric Andrieux souhaite préserver l’exigence de l’écriture pour la saison 2026/2027.

Vous avez pris la direction du Ballet en août 2023, après la courte direction de Julie Guibert et l’héritage légué par Yorgos Loukos. Est-ce que cela a été compliqué ? Est-ce que le Ballet avait besoin de retrouver de la sérénité ?

Cela a été moins compliqué que je ne l’imaginais. C’est une situation que j’avais déjà rencontrée dans mes fonctions précédentes au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris. Après le départ abrupt de Jean-Christophe Paré, il y avait eu un intérim pendant six mois et un peu d’errance. Il avait fallu vraiment reconstruire, ramener les équilibres, trouver une dynamique. Je m’attendais, du coup, forcément un peu à la même chose. La fin de l’histoire avec Yorgos Loukos avait été douloureuse, l’arrivée de Julie Guibert était porteuse de beaucoup de promesses, mais elle a dû faire face au Covid. Et son projet ambitieux, presque radical, a déstabilisé et effrayé certains danseurs, le public, et les partenaires aussi. Face à cette combinaison, je m’attendais à devoir vraiment me retrousser les manches. Et, en réalité, cela a été beaucoup plus simple que je ne l’avais imaginé. L’accueil de la part des danseurs a été excellent. Il a fallu que je fasse mes preuves, mais ils me connaissaient parce que j’avais déjà été interprète de la compagnie. J’étais revenu aussi avec Jérôme Bel comme assistant. La compagnie ne m’était pas étrangère. J’avais l’idée de capitaliser à la fois, évidemment, sur les 35 ans de Yorgos Loukos et sur la direction très courte de Julie Guibert, qui avait initié des projets ambitieux, comme le solo de Jan Martens, le travail avec Noé Soulier, ses commandes à Marlene Monteiro Freitas ou à Christos Papadopoulos. Et puis, il y avait un programme Cunningham avec des pièces que j’avais énormément dansées. Donc, des choses assez naturelles à accompagner pour une saison que je n’avais pas programmée.

Quels sont les outils que vous avez mis en place rapidement ?

J’ai travaillé en priorité sur l’amélioration des conditions de travail des danseurs, avec notamment un gros focus sur la santé, et la création du pôle santé, sur une meilleure planification des activités et des temps de repos. La refonte du règlement intérieur du Ballet a permis de créer un climat de grande confiance mutuelle. J’ai aussi beaucoup travaillé avec le service de la communication et des publics afin de donner une meilleure visibilité du Ballet et de ses artistes. Et enfin, j’ai souhaité une plus grande transparence dans la communication avec les danseurs, sur les prises de décisions, sur les pistes de programmation, sur les tournées.

Justement, à propos des tournées, la compagnie est l’une des rares en France à se produire partout. À Lyon, bien sûr, et dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, mais aussi au Creusot, au Mans, à Limoges, à La Rochelle, à Lille, à Paris, à Porto, à New York. Vous tenez au maintien de ce rayonnement international ?

Yorgos Loukos a créé cette réputation à l’international, mais la question de l’implantation territoriale du Ballet est essentielle. Je me suis aperçu qu’il y avait une attente. On me disait souvent que le Ballet n’était pas disponible, qu’il fallait que les théâtres partenaires s’y prennent très en amont. Alors, je travaille étroitement avec eux pour évoquer les programmes sur plusieurs saisons, pour que chacun puisse s’organiser et sanctuariser la présence du Ballet dans les programmations. Par conséquent, nous sommes de plus en présents en Auvergne-Rhône-Alpes, mais aussi dans d’autres régions, et à Paris, grâce à de solides partenariats avec La Villette, le Festival d’Automne et Chaillot – Théâtre national de la danse. Et la saison prochaine, nous serons au Théâtre des Champs-Élysées, mais aussi à Shanghai dans le cadre du festival Dance Reflections by Van Cleef & Arpels. Alors, du coup, la compagnie danse tout le temps, et je reprends en cela les propos de Brigitte Lefèvre, l’ancienne directrice de la danse du Ballet de l’Opéra national de Paris, qui m’a donné comme conseil : « Ton premier enjeu, c’est de les faire danser. »

Contrairement au Ballet de l’Opéra de Paris ou à celui de Bordeaux, il n’y a pas d’Étoiles à Lyon. Est-ce que ce système hiérarchique est dépassé ?

Tous les danseurs sont solistes, et possèdent une forme d’humilité. Ils savent qu’ils vont se voir confier, par moment, des rôles importants et, à d’autres moments, se fondre dans le collectif. Cela crée une atmosphère de travail extrêmement professionnelle, extrêmement mature. Et cela agit sur le dialogue. Il n’y a pas non plus de différence de salaires, sauf l’ancienneté qui est prise en compte.

Vous allez recruter au printemps de nouveaux danseurs pour la compagnie. Quels seront vos critères ?

Il y a toujours cette volonté de faire entrer de nouvelles personnalités dans la compagnie. La nouvelle génération a envie de changer d’air, le turn-over est bien plus important que lorsque j’étais danseur. On a accueilli cinq nouveaux danseurs cette saison, et ce sera encore le cas avec ces nouveaux recrutements. Cela me permet d’ajuster la compagnie par rapport aux exigences stylistique et rythmique des futurs projets. Il faut, à la fois, des danseurs ultra performants techniquement, des bêtes sur scène, parce que les œuvres sont fortes, et des danseurs et danseuses qui sont en condition physique pour pouvoir enchaîner les productions et les tournées.

Serez-vous attentif à l’inclusivité, à la diversité des profils ?

Bien sûr ! Nous sommes une compagnie internationale. Sur les trente danseurs, il y a quatorze nationalités différentes. Nous sommes une compagnie monde. Et on le voit bien dans le profil des artistes qui candidatent. Le fait de recruter des danseurs aux profils plus divers, cela permet à d’autres danseurs de s’autoriser à postuler. De plus en plus d’artistes qui possèdent une grande expérience dans des compagnies professionnelles internationales souhaitent nous rejoindre.

Comme définissez-vous la ligne artistique du Ballet ?

L’exigence de l’écriture. Les chorégraphes invités se retrouvent face à des virtuoses du mouvement. Il faut donc qu’ils aient une réflexion par rapport à cette écriture du mouvement, comme a pu l’avoir l’année dernière Nacera Belaza. À chaque fois que je songe à de nouvelles invitations, je dois penser à des artistes avec une signature forte comme Alessandro Sciarroni ou Katerina Andreou. On s’autorise une forme de radicalité, une forme d’avant-garde que d’autres compagnies ne s’autorisent peut-être pas. Partir d’écritures néoclassiques pour aller vers des mouvements plus organiques, comme ceux de Sharon Eyal, c’est notre signature.

Quelle est la ligne directrice de votre troisième saison ?

C’est l’intensité et la puissance des grandes œuvres. Et le fait de pouvoir confronter, en une seule soirée, deux œuvres, qu’elles dialoguent. Intellectuellement, c’est hyper stimulant pour le Ballet. Comme cette entrée au répertoire du Sacre du Printemps de Mats Ek face à la création de Sharon Eyal – dont les premières se dérouleront cet été aux Nuits de Fourvière.

Le 21 mai, se déroulera l’Opéra Breaking Battle, car ici, dans les années 1980, sur le parvis de l’Opéra, Lyon s’est imposée comme l’un des lieux fondateurs du hip-hop en France. Un genre qui ne fait pas partie du répertoire. Avez-vous envie d’emmener les danseurs de la compagnie vers ces écritures ?

Il faut qu’on soit prudent sur la question de la réappropriation culturelle et l’imaginer de façon très précautionneuse. On s’est posé la question avec la création d’Alessandro Sciarroni autour de la culture country. Le champion du monde de line dance, reconnu internationalement, vient avec lui pour transmettre les pas au Ballet. On a fait la même chose avec Katerina Andreou, qui s’inspirait des danses grecques de son enfance. On ouvre déjà le répertoire du Ballet à d’autres influences, comme cela a pu être le cas avec Marco Da Silva Ferreira, qui vient des danses urbaines, donc, forcément, son écriture s’en ressent. Mais il faut trouver la bonne écriture et les bonnes raisons pour le faire. En tout cas, notre public pourra découvrir en fin de saison prochaine le Zéphyr de Mourad Merzouki.

24 mars 2026/par Stéphane Capron
Partager cette publication
  • Partager sur Facebook
  • Partager sur X
  • Partager sur WhatsApp
  • Partager sur LinkedIn
  • Partager par Mail
  • Lien vers Instagram
Vous aimerez peut-être aussi
La Fille de Madame Angot de Charles Lecocq à l'Opéra-Comique L’Opéra de Lyon entend « donner de la voix » pour sa saison 2026/2027
Gala de Jérôme Bel
Jérôme Bel crée une pièce pour le danseur Cédric Andrieux
Cédric Andrieux nommé à la direction du Ballet de l’Opéra de Lyon
0 réponses

Laisser un commentaire

Rejoindre la discussion?
N’hésitez pas à contribuer !

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Dans le moteur de recherche, plus de 22 000 spectacles référencés

Search Search
© Sceneweb | Création site et Maintenance WordPress par Limbus Studio
  • L’actualité du spectacle vivant
  • Qui sommes-nous ?
  • Newsletter
  • Politique de confidentialité
  • Signaler un abus
  • Contact
  • Politique de cookies (UE)
Faire défiler vers le haut Faire défiler vers le haut Faire défiler vers le haut