Depuis longtemps, le mal-être — dans ses formes diffuses, silencieuses, insaisissables — m’interroge. Angoisses, névroses, phobies, ces “handicaps invisibles” traversent nos vies sans toujours trouver les mots pour se dire. Plutôt que d’en faire un drame ou un manifeste, j’ai choisi d’en faire un terrain de jeu théâtral : un espace où la parole vacille, hésite, contourne, se contredit et parfois éclaire.
L’inceste n’est pas le sujet central du spectacle, mais il en est une onde souterraine. Parce qu’il demeure massif, silencieux, et encore trop peu nommé. Parce qu’il peut s’insinuer sans toujours laisser de traces nettes. Parce qu’il interroge la mémoire, le doute, la perception de soi. À travers le regard troublé que Tamara pose sur son père, le spectacle questionne moins la certitude du traumatisme que l’impossibilité d’aller bien quand quelque chose cloche sans se laisser identifier.
Le fond de la piscine est un monologue tragicomique contemporain. Il part d’une situation simple — une femme réfugiée dans un gymnase après une inondation — pour interroger ce qui remonte quand tout semble pourtant “aller bien”. Tamara parle.
Parce que parler est déjà une façon de ne pas couler. »
Tatiana Djordjevic
Le fond de la piscine
De et par Tatiana Djordjevic
Mise en scène François Rollin16, 23 et 30 avril 2026
Théâtre du MaraisJuillet 2026
Festival OFF d’Avignon à Présence Pasteur


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