Agathe Olivier et Antoine Rigot ont fondé la compagnie Les Colporteurs en 1996. Ils ont choisi de la transmettre à leur fille Coline et à son mari, le musicien Damien Levasseur. Cœurs sauvages sera leur dernière création. Coline et Damien préparent pour 2027 leur propre création, Anamorfa.
Agathe Olivier et Antoine Rigot ne sont pas des enfants de la balle. Ils se rencontrent en 1979 au sein de l’Académie Fratellini. Elle sur un fil, lui en tant qu’acrobate. Ils vont former un duo de funambules inséparables qui va parcourir le monde. En 1996, ils créent la compagnie Les Colporteurs et présentent sous chapiteau leurs créations pendant 30 ans. Aujourd’hui, ils tournent la page. « Ce n’était pas forcément prévu, ce n’était pas une évidence, mais on voulait un peu lever le pied », explique Antoine Rigot.
Coline, leur fille, elle, est née dans le cirque. « Je suis la première génération des enfants de la balle du cirque contemporain. À l’époque, les tournées duraient plusieurs mois. J’ai vécu en caravane, autour du campement. » Puis Coline part faire de la musique de son côté, monte ses propres projets, et vient jouer ensuite dans les spectacles de ses parents. Alors, quand Agathe Olivier et Antoine Rigot envisagent de prendre un peu de recul, le choix de Coline s’est imposé. « Notre fille nous a rejoints dans la compagnie il y a une quinzaine d’années. Le cirque, c’est dans son ADN. Elle a vu les spectacles se construire », se souvient Antoine Rigot. « J’ai été effectivement imprégnée par leur travail, confirme Coline Rigot. Petit à petit, je me suis de plus en plus investie. Ça s’est fait de manière spontanée et, quand mon père a commencé à ressentir un peu de fatigue, on a commencé à envisager la transmission. »
Les Colporteurs vont donc continuer à vivre, et toujours sous chapiteau. « Le chapiteau, c’est un espace de rêve par rapport aux salles de théâtre », souligne Antoine Rigot, heureux que sa fille perpétue cette tradition, même si ce sera avec un chapiteau plus petit. « Il tient dans un seul camion-remorque, précise Coline Rigot. C’est un 19 mètres sur 22 avec une jauge de 400 places. C’est plus facile financièrement et on voulait aussi se rapprocher du public, proposer quelque chose de plus intime, de plus enveloppant. C’est un choix artistique, mais c’est aussi un choix lié à la conjoncture. Si on veut encore défendre le chapiteau, il faut trouver des solutions économiquement viables. »
Un chapiteau plus intime pour des projets qui resteront circassiens, mais où la musique sera encore plus importante. Elle sera le fil rouge des prochains spectacles des Colporteurs nouvelle génération. Rendez-vous en 2027 avec Anamorfa, « un spectacle inspiré par le motif populaire de la Danse macabre, pour quatre circassiens et trois musiciens, mêlant cirque de haut niveau, musique virtuose, humour et poésie », promet Coline Rigot.



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