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« Frames » : Alexander Vantournhout en cadres

Danse, Les critiques, Lyon, Moyen, Paris
Frames d'Alexander Vantournhout
Frames d'Alexander Vantournhout

Photo Bart Grietens

Dans Frames, Alexander Vantournhout met son langage à la croisée du cirque et de la danse dans divers cadres qu’il utilise comme des agrès. Impressionnante, la technique que déploient ici l’artiste et trois complices donne à sa pièce un esprit de sérieux et de performance qui aurait gagné à davantage montrer ses coutures, ses fragilités.

Depuis les chaises et bancs installés à l’intérieur d’une toile de tente carrée, percée dans sa hauteur d’un trou aux allures de puits de lumière, les spectateurs de Frames sont placés en position d’attente et de recherche. Installée au 104 où nous découvrons la pièce dans une salle de plain-pied, la structure trouée évoque davantage le barnum de festival ou de soir d’été que l’univers du cirque contemporain ou de la danse, les deux disciplines auxquelles le Belge Alexander Vantournhout, qui signe le spectacle, a été formé et qu’il mêle en un langage en transformation constante, mais toujours aisément reconnaissable. On se demande d’où viendront les quatre danseurs et acrobates de la pièce : Alexander Vantournhout et trois membres permanents de sa compagnie Not Standing, Emmi Väisänen, Axel Guérin et Chia-Hung Chung. Aiguillé par le titre toutefois, ainsi que par la légère inclinaison des sièges, nos regards se portent vers le toit du chapiteau perforé, où finissent par apparaître les artistes. Ou plutôt des morceaux d’interprètes, d’abord tout petits, impossibles à mettre en lien avec les personnes que nous avons déjà toutes pu voir jouer dans plusieurs pièces d’Alexander Vantournhout. Une main, un pied dépasse de l’orifice vers lequel toutes les têtes sont désormais levées, avant de disparaître pour laisser place à un coude, à une cuisse elle aussi anonyme, étrange d’être ainsi coupée de toute identité. Les figures que forment alors les membres en s’entremêlant, en se superposant, donnent à approcher la grammaire de Not Standing telle qu’elle n’a jamais été montrée jusque-là : de façon brute, déconnectée de la personnalité de celles et ceux qui la mettent en œuvre.

Les corps entiers d’Emmi Väisänen, d’Axel Guérin et de Chia-Hung Chung, puis leurs visages, ont beau finir par se montrer dans l’embrasure de la fenêtre perchée, ils demeurent tout au long de Frames comme teintés par leur incognito initial. Depuis cette première partie du spectacle jusqu’à la dernière, où les trois interprètes masculins forment différents duos sur un socle guère plus large qu’une buche, en passant par un deuxième moment où tous s’encastrent et s’enchevêtrent dans une structure métallique carrée, les quatre complices conservent une retenue inhabituelle chez Not Standing, du moins à ce degré. Dès son deuxième solo, ANECKXANDER (2015), en effet, qui lui vaut une reconnaissance immédiate dans le paysage des arts de la piste autant que du champ chorégraphique, le Belge se place à une certaine distance de ses disciplines afin d’y exprimer sa liberté. Et cette distance, en plus d’une interrogation de tous les fondamentaux du cirque – nul agrès traditionnel chez Vantournhout, hormis dans son premier spectacle Caprices (2014) où il pliait la roue Cyr à ses désirs et au rythme de la musique de Salvatore Sciarrino –, est faite d’un très fort engagement personnel du danseur-circassien. Non que celui-ci s’exprime verbalement comme on le voit de plus en plus sur les pistes, car tout chez Not Standing passe par le corps, dont les particularités définissent l’architecture générale des créations, et non l’inverse qui est la règle dans le cirque traditionnel, et encore largement dans le cirque de création.

Dans la mesure où Alexander Vantournhout, qui se définit lui-même avec autodérision comme un homme au très long cou et aux bras et jambes plus courts que la moyenne, est au cœur de chacune de ses créations, cette affirmation du corps comme point de départ a toujours jusque-là donné lieu à un univers plus ou moins burlesque. On pouvait s’attendre avec Frames, qui, comme son titre l’indique, explore la notion du cadre, à une nouvelle recherche fondée sur les singularités de chacun, contre les règles en vigueur dans le spectacle vivant et ailleurs. Les trois expérimentations qui composent ce spectacle, entre lesquelles le public est invité à se déplacer, se révèlent plus proches de l’adaptation, certes très imaginative, que de la révolte. Les différents tableaux que l’on voit naître dans les trois cadres qu’a imaginés et fait construire la compagnie – ce travail est remarquable – sont en effet des jeux avec des contraintes inédites dans le cirque qui s’arrêtent avant de déborder. Sans musique, chose qui n’est arrivée qu’une fois auparavant chez Alexander Vantournhout, dans Screws (2019), qui était sa première pièce en extérieur, sans accessoires, ce qui est pour lui inédit, les images mouvantes que créent les artistes empruntent toutes le même schéma. Elles commencent avec presque rien, un minimum de mouvements, pour ne cesser de s’enrichir que lorsque s’épuisent les possibles offerts par les structures en matière de mouvements individuels et collectifs. Si l’on retrouve les complexes entrelacements, les combinaisons de petits gestes qui forment ensemble d’impressionnants touts, manque ici la fragilité qu’Alexander Vantournhout donne habituellement à voir jusqu’aux sommets techniques et physiques de ses performances.

Entre cirque aérien – chose nouvelle chez Not Standing, dont le vocabulaire a en général le sol comme base plus ou moins fiable –, suspension, danse, contorsion ou encore main à main, les prouesses auxquelles se livrent les trois hommes et la femme dans ou sur leurs agrès d’un genre spécial sont d’une diversité et d’une sophistication que le Belge et ses acolytes n’avaient pas auparavant données à voir d’aussi près. Car, si chaque module demande au spectateur de se mouvoir, les places qui lui sont attribuées sont toutes à grande proximité des artistes dont les souffles et les gestes font alors office de musique. Sans doute hors d’un théâtre, dans la nature, par exemple, où elle est conçue pour pouvoir se jouer, la pièce prend-elle aux yeux du public un sens autre. Peut-être la fragilité dont nous avons ressenti le manque au 104 est-elle amenée par l’extérieur, par son aléatoire susceptible de bouleverser la concentration des artistes ou de prendre le dessus sur la formidable agitation humaine qui se trame dans Frames. C’était le cas dans Screws, et l’on peut espérer que ce le soit cette fois encore.

Anaïs Heluin – www.sceneweb.fr

Frames
Concept et chorégraphie Alexander Vantournhout
Création et interprétation Chia-Hung Chung, Axel Guérin, Emmi Väisänen, Alexander Vantournhout
Dramaturgie Sébastien Hendrickx, Rudi Laermans
Collaborateurs à la recherche Charlotte Cétaire, Mélusine Lavinet-Drouet, Petra Steindl, Esse Vanderbruggen
Costumes Patty Eggerickx assisté par : Coline Paquet et Isabelle Airaud.
Édition Daniel Henry Studio
Constructions Willy Cauwelier, Bram Dobbelaere
Technique Bram Vandeghinste, Bert Van Dijck, Lukas Vanhoutte
Techniciens en tournée Bram Vandeghinste, Bert Van Dijck, Siebe Coorevits, Lukas Vanhoutte

Production Not Standing
Coproduction Kunstencentrum VIERNULVIER, Gand ; Les Halles de Schaerbeek ; CENTQUATRE-PARIS ; Le Carreau Scène nationale de Forbach et de l’Est mosellan
Avec le soutien du Tax Shelter du Gouvernement fédéral belge, via Flanders Tax Shelter, et des autorités flamandes

Alexander Vantournhout est artiste en résidence au Kunstencentrum VIERNULVIER à Gand, et artiste associé du CENTQUATRE-PARIS. Il est ambassadeur culturel de la ville de Roulers. Alexander Vantournhout est soutenu par la Fondation BNP Paribas pour le développement de ses projets.

Durée : 1h05

Centquatre-Paris, dans le cadre du festival Séquence Danse Paris
du 8 au 12 avril 2026

MAD Festival, Anvers (Belgique)
les 16 et 17 avril

CC Maasmechelen (Belgique)
les 18 et 19 avril

Leietheater, Deinze (Belgique)
les 25 et 26 avril

CC Ter Dilft, Bornem (Belgique)
les 9 et 10 mai

CC ‘t Vondel, Halle (Belgique)
le 21 mai

De Spil, Roulers (Belgique)
les 19 et 20 juin

Le Carreau, Scène nationale de Forbach et de l’Est mosellan
les 26 et 27 juin

Les Nuits de Fourvière, Lyon
du 15 au 19 juillet

10 avril 2026/par Anaïs Heluin
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