Théâtre, danse contemporaine, concerts, projections, expositions, lectures, rencontres-débats, labos créatifs, et plus encore… entrent en connexion pendant deux semaines pour mettre en synergie les dynamiques diasporiques et transculturelles. Après Bamako, Kigali, Cotonou et Dakar les Hyper-rencontres sont de retour.
« La Guinée revient en pleine lumière, portée par sa jeunesse, adossée à une mémoire immense explique Khalid Tamer, le directeur du festival. Conakry et Paris se font face comme deux rives d’un même courant : celui d’une cultureguinéenne qui circule, se transforme, et ne cesse jamais de renaître. Ici, la création n’efface pas l’héritage : elle le réveille. Elle le met en mouvement. Elle le rend contemporain. »
Capitale de la Guinée, Conakry est une ville-monde, façonnée par l’histoire, les luttes et les circulations culturelles. Haut lieu du panafricanisme, la Guinée fut, en 1958, le premier pays d’Afrique subsaharienne à refuser la colonisation, affirmant unesouveraineté politique et culturelle qui continue de marquer profondément l’identité du pays et de sa capitale. Cette prise de position historique a fait de Conakry, à l’époque, un espace d’accueil, de refuge et de création pour de nombreux·ses artistes, intellectuel·le·s et militant·e·s africain·e·s, contribuant à en faire un foyer majeur de production culturelle sur le continent.
Ville de musique, de paroles et de récits, Conakry a placé la culture au cœur de son projet de société. Dès les premières années de l’indépendance, l’État guinéen a soutenu activement les arts, les formes d’expression populaireset les traditions orales, tout en encourageant l’émergence de créations contemporaines. Cette politique a permis le développement d’une scène artistique foisonnante, où se croisent héritages et expérimentations, mémoire collective etécritures nouvelles.
« Depuis des décennies, la Guinée a offert au monde des ambassadeurs artistiques dont la tracedemeure vivante : Les Ballets Africains, fondés à Paris par Keïta Fodéba, ont fait de la scène unespace de récit, de rythme et d’unité, avant de devenir l’ensemble national après l’indépendance, poursuit Khalid Tamer. Le Bembeya Jazz, a inscrit dans les guitares électriques et les voix mandingues une modernitéafricaine puissante, toujours citée comme un pilier de la musique guinéenne.Aujourd’hui, la nouvelle génération ne rompt pas : elle prolonge et elle invente. Elle fait dialoguerles codes — afro-pop, reggae, R&B, sonorités mandingues, zouk, afrobeat — tout en gardantla pulsation guinéenne au centre : Et autour d’eux, le socle reste debout : les percussions, lesmaîtres et les passeurs — comme Famoudou Konaté, reconnu pour son œuvre musicale et écriteautour des traditions rythmiques. »
Mais le régime de Sékou Touré fut également marqué par une répression forte des opposants, une propagande d’Etat puissante qui mettait aux pas les productions culturelles au service de l’Etat. Aujourd’hui, Conakry est portée par une jeunesse nombreuse, inventive et engagée, qui investit les champs de la littérature,du slam, du rap, des arts visuels, du cirque, du cinéma ou encore du théâtre.
Malgré les défis sociaux, économiques etpolitiques, les jeunes créateur·rice·s s’emparent de la ville comme d’un laboratoire pour y réinventer de nouvelles formesde narration et de transmission, et ainsi, affirmer la culture comme un espace de liberté, de résistance et de projection vers l’avenir.
Africapitales Conakry à Paris souhaite donner à voir la complexité historique et culturelle de cette ville et donner la voix àsa jeunesse, à ses artistes émergents et à ses femmes créatrices, porteuses de récits puissants et novateurs. C’est aussi un geste politique, un espace de réflexion qui invite les publics à découvrir l’histoire culturelle complexe de la Guinée mais également à découvrir sa richesse culturelle d’hier et d’aujourd’hui.
Construit collectivement avec les partenaires guinéens et parisiens, cette hyper-rencontre est un dialogue vivant, uncroisement des regards, et une porte ouverte vers de futures collaborations possibles, dans l’espoir de faire émerger desécosystèmes culturels solides et durables entre Paris et Conakry.
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