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À Château-Gontier, Le Carré doit se séparer du directeur artistique de son centre d’art 

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La cloître de la scène nationale de Château-Gontier, Le Carré
La cloître de la scène nationale de Château-Gontier, Le Carré

Photo Le Carré

Les conséquences du retrait abrupt des subventions allouées à la culture par la Région Pays de la Loire continuent de se faire sentir. À Château-Gontier, en Mayenne, Le Carré, scène nationale et centre d’art contemporain, a dû remercier l’un de ses dirigeants historiques et va probablement perdre son label.

C’est un petit cloître niché au coeur de la Mayenne, à mi-chemin entre Laval et Angers, qu’il faut savoir débusquer derrière ses hauts murs d’enceinte. Les poutres apparentes du XIIIe siècle ont vu la congrégation des Ursulines habiter sous leurs arches jusque dans les années 1990 avant qu’elles ne cèdent le bâtiment. Un théâtre y est alors construit, labellisé scène nationale, et un centre d’art contemporain d’intérêt national créé dans la chapelle romane attenante. Trois expositions annuelles, une biennale et une vision artistique contemporaine ambitieuse pour la petite commune de Château-Gontier et ses 17 000 habitants.

Un centre d’art qui risque de perdre son label « d’intérêt national », et les 30 à 40 000 euros de subvention qui l’accompagnent, à la suite du licenciement économique en décembre dernier de son directeur artistique. Un petit traumatisme pour la structure et une décision cornélienne à prendre pour le conseil d’administration, acculé par des contraintes budgétaires impossibles à tenir. Après avoir réduit la taille des expositions et le nombre d’artistes invités, après s’être séparé de deux postes administratifs et techniques, il a fallu se résoudre à remercier Bertrand Godot, un défenseur historique de l’art contemporain sur le territoire depuis une trentaine d’années. Ce qui a provoqué pas mal d’émois dans le milieu culturel local. Une pétition a même été mise en ligne pour protester contre cette décision et des artistes se sont retirés de la programmation par solidarité. « C’était la seule solution pour continuer à accueillir des artistes, résume Maël Grenier, directeur du Carré. Or, c’est notre raison d’être ».

La structure continue de subir les conséquences du retrait brutal de la Région Pays de la Loire, qui, en décembre 2024, a voté sous l’impulsion de sa présidente, Christelle Morençais (Horizons), une baisse de 62% des aides au fonctionnement de 500 lieux, projets et initiatives dans la région. Pour Le Carré, dont la région était le troisième financeur, ce sont 137 000 euros qui se sont envolés d’un coup, soit 8% du budget global. « Mais cela représente 32% du disponible artistique », précise le directeur, c’est-à-dire la part du budget alloué à l’accueil de spectacles, d’expositions et au soutien à la création une fois les charges fixes réglées. Il a donc fallu réduire la voilure partout. La saison 2024-2025 a dû renoncer à accueillir dix spectacles et à coproduire quatre créations par rapport à la précédente. « On essaie de tout faire pour continuer à assurer nos missions, mais il y a une réalité à laquelle on est confrontés », souligne Maël Grenier. Paradoxalement, les travaux imposants de rénovation de la chapelle, qui vont agrandir les espaces disponibles pour les expositions, sont maintenus. 5 millions d’euros sont engagés pour quatre ans, principalement financés par l’État et la Région, qui répond présente lorsqu’il s’agit de rénover le patrimoine. Pour financer la création, un peu moins.

Réinventer un modèle

Alors, qui pour assurer la direction artistique du centre d’art ? « Il faut imaginer de nouveaux modèles », soupire Maël Grenier. Peut-être envisager un partenariat avec d’autres centres d’arts ou avec le Fonds régional d’art contemporain (FRAC) des Pays de la Loire, ou bien imaginer l’intervention ponctuelle de commissaires d’exposition extérieurs ? « Le retrait de la Région, cela a vraiment été la douche froide. On est à un moment de grand changement de paradigme de nos structurations économiques. Les perspectives ne sont plus du tout garanties, c’est à nous de rester agiles. » Concrètement, cela veut dire augmenter le nombre de mécènes – une trentaine à l’heure actuelle, soit 3% du budget total – et proposer le théâtre à la location privée. « Mais on ne compensera jamais le soutien public par du mécénat, rappelle le directeur. On a beau être inventifs et sympathiques, ça ne change pas la réalité. »

Car « c’est le modèle de la décentralisation du théâtre public dans son ensemble qui est en péril », assure Maël Grenier. Si les municipales ne constituent pas réellement un enjeu dans cette commune de centre droit où aucune liste d’opposition ne se présente, c’est évidemment vers l’élection présidentielle de l’année prochaine que tous les regards se tournent et le risque de voir l’extrême droite arriver au pouvoir. Et si cela se produisait ? Le directeur sourit tristement : « Alors là, on ne répondra plus de rien. »

Fanny Imbert – www.sceneweb.fr

4 février 2026/par Fanny Imbert
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