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Angelin Preljocaj « ravive » son ballet emblématique « Le Parc » avec une nouvelle génération de danseurs

À la une, Danse, Paris
Angelin Preljocaj photo Joël Saget AFP
Angelin Preljocaj

Photo Joël Saget / AFP

Chuchotements, jeux de regards, tableaux de séduction : le chorégraphe Angelin Preljocaj remonte au Palais Garnier jusqu’au 25 février, Le Parc, son ballet emblématique sur les jeux de l’amour « réactivé » par les nouvelles générations de danseurs de l’Opéra de Paris.

Le danseur et chorégraphe star, basé à Aix-en Provence avec sa compagnie au Pavillon noir (depuis 2006), est revenu travailler avec les danseurs de l’Opéra cette pièce monument créée il y a 32 ans pour l’institution, connue pour le pas de deux final des solistes, qui s’abandonnent en tournoyant dans un baiser sensuel bouleversant. « Ce qui est bien, c’est que ce ballet » est « réanimé, réactivé par les nouvelles générations qui s’en emparent », souligne Angelin Preljocaj.

Parmi les danseurs distribués, la majorité interprète le ballet pour la première fois. Et côté étoiles, la plupart s’empare des rôles de solistes, pour la première fois devant public. Comme « chaque nouvelle génération est imprégnée, dans son corps même, sa chair, ses os, ses muscles, ses nerfs, des événements du monde », la pièce « rebondit avec le contexte d’aujourd’hui », souligne le chorégraphe. Il évoque une « redéfinition des rapports hommes-femmes, et même des rapports amoureux en général », où par exemple, le consentement prime.

Sur un plateau évoquant un jardin à la française du XVIIe siècle peu accueillant, sorte d’échiquier des passions amoureuses, neuf danseuses et neuf danseurs s’aguichent, s’attirent et se repoussent, entre pas retenus et élans passionnés, sous le regard étrange de quatre jardiniers. Les notes de concertos de Mozart et des créations du musicien Goran Vejvoda composent la bande son de cette pièce, inspirée par la littérature française des XVIIe et XVIIIe siècle comme Madame de Lafayette, Choderlos de Laclos, Madeleine de Scudéry.

« Vieillir et mûrir »

Le chorégraphe d’origine albanaise, 69 ans, s’est formé à la danse contemporaine aux États-Unis avec Merce Cunningham avant de créer sa propre compagnie en 1984 et d’écrire des pièces pour de grandes institutions comme la Scala de Milan ou le New York City Ballet. Intronisé en mai dernier à l’Académie des Beaux-Arts (chaire de chorégraphie) auteur d’un soixantaine de pièces, dont certaines tournent régulièrement dans le monde, Preljocaj est un artiste aux collaborations éclectiques – avec l’écrivain Laurent Mauvignier ou avec des artistes issus de la musique électro comme Air, le DJ Laurent Garnier et les Daft Punk.

Il explore aussi la peinture. Pour les quarante ans du Musée d’Orsay à Paris, il présentera en avril dans l’établissement le duo Hommes au bain, imaginé il y a deux ans à partir du tableau L’homme au bain de l’impressionniste Gustave Caillebotte (1884). Une création, Femmes au bain, deuxième volet, « inspirée de tableaux d’Edgar Degas au Musée d’Orsay », qui interroge le genre et l’intime, a été ajoutée. « Pouvoir continuer à inventer, à créer, à fantasmer, à rêver » est « pour les artistes une telle chance ! », confie-t-il. « C’est très beau de vieillir, de mûrir » et de « rester, pour une part, […] un enfant qui s’émerveille ».

Karine Perret © Agence France-Presse

3 février 2026/par AFP
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