Sceneweb
  • À la une
  • Actu
  • Critiques
    • Coup de coeur
    • A voir
    • Moyen
    • Décevant
  • Interviews
  • Portraits
  • Disciplines
    • Théâtre
    • Danse
    • Opéra
    • Cirque
    • Jeune public
    • Théâtre musical
    • Marionnettes
    • Arts de la rue
    • Humour
  • Festivals
    • Tous les festivals
    • Festival d’Avignon
    • Notre Best OFF
  • Cliquez pour ouvrir le champ de recherche Cliquez pour ouvrir le champ de recherche Rechercher
  • Menu Menu

Avec « Scènes d’intérieur », Mélanie Leray prolonge Ibsen

Angers, Les critiques, Moyen, Nantes, Paris, Théâtre
Mélanie Leray crée Scènes d'intérieur
Mélanie Leray crée Scènes d'intérieur

Photo Isabelle Jouvante

La metteuse en scène Mélanie Leray transpose Une maison de poupée dans une histoire d’aujourd’hui et un dispositif mêlant théâtre et image filmique. Une tentative qui fourmille d’idées, mais qui, dans son ensemble, ne parvient pas à convaincre.

En 1879, l’auteur norvégien Henrik Ibsen crée Une maison de poupée, drame réaliste dont le personnage principal, Nora – une femme qui finit par quitter son foyer, son mari et son fils –, est devenu une figure mythique du théâtre. Histoire d’une prise de conscience quant à l’assujettissement dont Nora est victime de la part de son mari, bien sûr, mais aussi plus largement parce qu’elle met en lumière certaines structures sociales du patriarcat, Une maison de poupée est perçue, avec raison, comme une pièce féministe et a dû affronter à travers l’Europe les oppositions des forces réactionnaires d’alors. Ce texte, Mélanie Leray a décidé de le retraverser par l’intermédiaire d’une transposition de son histoire agrémentée de quelques mises en abîme.

Chloé (Marie Denarnaud), comédienne qui est à quelques jours de la première du spectacle où elle interprétera Nora, accompagne son mari, Henry (Arthur Igual), dans le Sussex à l’occasion d’une soirée cruciale pour sa carrière professionnelle de financier. Il y joue sa vie. Dans l’original, Nora part avec Thorvald, son mari banquier, en Italie pour qu’il y soigne une grave maladie. Mais, en plus d’une modernité d’époque, la metteuse en scène donne à son personnage principal la profondeur d’un passé marqué par les violences conjugales et l’enfermement de sa mère dans le carcan d’une famille nombreuse. Chloé enfant, jouée par la très émouvante Prune Bozo, apparaît ainsi sur l’écran qui surplombe la scène dans un film qui retrace une journée cruciale dans la vie de sa mère, celui où elle décide de partir, de quitter son mari. Pour Chloé, comme pour sa mère, apparaîtront les personnages aidants des tatas, précieux auxiliaires sororaux dont n’avait pas bénéficié Nora (hors avec Madame Linde). Figures contemporaines de cette dernière, Chloé dans le passé, sur l’écran, et Chloé dans le Sussex, sur scène, s’entremêlent ainsi d’autant mieux que, comme elle le fait souvent, Mélanie Leray a décidé de filmer en direct ses interprètes au plateau. Sur le principe de la performance filmique, théâtre et image se superposent ainsi tout du long.

À partir de là, cependant, on se demande un peu ce qu’a voulu faire Mélanie Leray avec ces Scènes d’intérieur. Souligner la prescience d’Ibsen qui met à jour les structures du patriarcat est-il nécessaire ? Montrer comment ce patriarcat se rejoue aujourd’hui encore et encore, cela coule un peu de source. D’une part, la transposition au travers d’une trame coécrite avec Édouard Delelis paraît à la fois ingénieuse et un peu artificielle ; d’autre part, malgré un ultime twist, le récit original étant connu, le spectacle peine à éveiller l’intérêt sur le déroulé de son action. Enfin, donner au personnage un passé pour montrer comment l’histoire se répète est un peu inutile et redondant. Et ce n’est pas non plus l’utilisation de l’image filmique qui vient pimenter le spectacle. Malgré leurs effets quelquefois un peu téléphonés – l’image devient instable et floue quand les personnages ont trop bu, l’éructation face caméra d’Henry qui découvre la « trahison » de sa femme –, les caméras portées par les cadreurs Félicien Cottanceau et Julie Henry, s’attardant ici et là sur des photos accrochées aux murs de la chambre d’hôtel, parviennent parfois à créer une atmosphère, un style, qui s’épanouit encore davantage dans le film rétrospectif diffusé en alternance. Si les vagues venant s’échouer sur une grève bretonne n’y sont pas d’une grande originalité, il y a dans les silences des scènes et le personnage écorché de Chloé jeune quelque chose qui se noue, quelque chose qui se joue, et qui parvient à toucher.

Scènes d’intérieur apparaît alors comme un spectacle trop plein d’idées, inégales. L’enfant, Simon, qui accompagne le couple, est un pantin manipulé au plateau et l’étrangeté du dispositif fonctionne. Mais si le titre aux accents bergmaniens laisse transparaître la volonté de créer une œuvre d’atmosphère, celle-ci peine à prendre en raison de choix esthétiques trop disparates. Ainsi, en parallèle d’une volonté de suggérer, un texte qui en dit trop – l’échange téléphonique entre Chloé et sa metteuse en scène au sujet du personnage de Nora paraît, par exemple, au minimum inutile – et une transposition qui n’apporte pas grand-chose à la thématique des violences masculines et du patriarcat grèvent des tentatives par endroits plus heureuses.

Eric Demey – www.sceneweb.fr

Scènes d’intérieur
Texte Mélanie Leray et Édouard Delelis, librement inspiré d’Une maison de poupée de Henrik Ibsen
Mise en scène et réalisation Mélanie Leray
Avec Marie Denarnaud, Arthur Igual, Julie Henry, Félicien Cottanceau, Aude Ponthieux, Maud Gérard et, dans le film, Pauline Parigot, Emmanuelle Bercot, Prune Bozo, Alban Dussin, Marius Cahen, Adèle Cahen, Alice Goyat, Laurent Meininger, Sabrina Delarue, Léon Moreau, Mona Gessiaume Henry, Eliott Benkemoun Leray
Collaboration artistique Julie Henry
Création musicale QUINQUIS
Scénographie Mélanie Leray, en collaboration avec Jean-Christophe Bellier et Lorraine Kerlo Auregan
Création et régie lumière Jean-Christophe Bellier
Conception et régie vidéo Cyrille Leclercq
Caméra Félicien Cottanceau, Julie Henry
Conception son Mikaël Kandelman
Costumes Laure Maheo
Construction marionnette Gilles Debenat, Cristof Hanon, en collaboration avec Jimmy Springard
Régie générale Jean-Christophe Bellier
Régie son Vincent Le Meur
Administration de production Andrew Huart Flinton
Stagiaire dramaturgie Ilona Tesson
Construction décor Les Ateliers de la Ville d’Angers
Photographies dans la scénographie Félicien Cottanceau

Pour le film
Montage Marie-Pomme Carteret
Chef opérateur Nicolas Mesdom
Ingénieur son Mathieu Burgess
Mixage Mikaël Kandelman
Cheffe décoratrice Marine Blanken
Costumes Laure Maheo
Assistante Julie Henry
Scripte Sophie Delvallée
Pointeur Titouan Liccia
Étalonnage Avel Corre
Accompagnement enfants Sandrine Bodenes
Collaboration au casting Sarah Teper
Stagiaires image et son Arthur Béchu, Tom Bouvier

Production Compagnie 2052
Coproduction Le Quai – CDN Angers, Le Canal – Théâtre du Pays de Redon, L’Archipel – Pôle d’action culturelle Fouesnant-Les Glénan, Mixt – Terrain d’arts en Loire-Atlantique
Production déléguée pour la tournée 2026-2027 Le Quai CDN Angers
Avec le soutien de la DRAC Bretagne, de l’ADAMI, de la Spedidam et du Fonds SACD Musique de Scène
Accueil en résidence Le Quai – CDN Angers, Le Canal Théâtre du Pays de Redon, L’Archipel Pôle d’action culturelle Fouesnant-Les Glénan

La Compagnie 2052 est conventionnée DRAC Bretagne, soutenue par la Région Bretagne et la ville de Rennes.

Durée : 1h45

Théâtre du Rond-Point, Paris
du 10 au 21 mars 2026

Mixt – Terrain d’arts en Loire-Atlantique, Nantes
du 25 au 28 mars

Le Quai, CDN d’Angers
du 31 mars au 2 avril

12 mars 2026/par Eric Demey
Partager cette publication
  • Partager sur Facebook
  • Partager sur X
  • Partager sur WhatsApp
  • Partager sur LinkedIn
  • Partager par Mail
  • Lien vers Instagram
Vous aimerez peut-être aussi
Qui pour diriger le CDN d’Orléans en 2024 ?
Le regard du sourd, façon Leray
© Gideon Bachmann, Pier Paolo Pasolini alla Torre di Chia, Viterbo, 1974. Archivio cinemazero « Fabrique Pasolini » de Sylvain Creuzevault
Guillermo Pisani à la recherche du nouvel héros
Sylvain Creuzevault monte Les Frères Karamazov d'après Dostoïevski au Théâtre de l'Odéon Sylvain Creuzevault dompte les Karamazov
Nos 20 têtes d’affiche de la rentrée
Constance Dollé se met à table
Samuel Achache crée Sans Tambour « Sans tambour », en puissance
0 réponses

Laisser un commentaire

Rejoindre la discussion?
N’hésitez pas à contribuer !

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Dans le moteur de recherche, plus de 22 000 spectacles référencés

Search Search
© Sceneweb | Création site et Maintenance WordPress par Limbus Studio
  • L’actualité du spectacle vivant
  • Qui sommes-nous ?
  • Newsletter
  • Politique de confidentialité
  • Signaler un abus
  • Contact
  • Politique de cookies (UE)
Faire défiler vers le haut Faire défiler vers le haut Faire défiler vers le haut