Clément Hervieu-Léger, administrateur général, la société des Comédiens-Français, la Troupe et l’ensemble des équipes de la Comédie-Française font part de leur tristesse à l’annonce du décès de Catherine Samie, survenu le 11 janvier 2026, à l’âge de 93 ans.
Comédienne, Catherine Samie, entrée dans la Troupe en 1956, nommée 438e sociétaire en 1962 et Doyenne en 1989, a passé cinquante ans à la Comédie-Française avant d’être nommée sociétaire honoraire en 2007. « Personnalité hors norme, actrice exceptionnelle, Catherine incarnait la Comédie-Française. Avec elle, c’est un peu de l’histoire de notre Maison qui disparaît aujourd’hui. Rien pourtant ne pourra nous ôter nos souvenirs et l’impression unique que nous ressentions lorsqu’elle entrait en scène », témoigne Clément Hervieu-Léger.
Catherine Samie entre comme un tourbillon à la Comédie-Française, en septembre 1956, pour y entreprendre un voyage qui va durer cinquante ans. En quelques mois, elle est distribuée plus d’une demi-douzaine de fois sous la direction de Jean Meyer. Elle est toutes les soubrettes de Molière, elle est la soubrette de Molière : Dorine, Lisette, Nérine, Marine, Zerbinette, Nicole, Toinette, Jeannette, Claudine.
Tous les rôles s’ouvrent à elle. La comédie a enseigné à Catherine Samie la générosité du jeu, l’implication et la distance, la maîtrise de l’effet, la volupté de l’instant, la communion avec le public. Elle crée les plus grands auteurs contemporains : Fernando Arrabal, Jean Audureau, Samuel Beckett, Marguerite Duras. Au total, 133 rôles en un demi-siècle.
« Nous nous souviendrons du rire de la Môme Crevette, des émois amoureux de Bélise, des larmes de Jocaste et de la mort de Ase… Nous nous souviendrons de tous ses rôles, petits ou grands, car elle les rendait tous inoubliables. Mais nous nous souviendrons également de sa présence dans les couloirs de notre théâtre, de son attention à chacun, chacune, et de son extrême générosité ».
Au début de l’année 1989, au départ de Bernard Dhéran, Catherine Samie devient Doyen de la Comédie-Française. Elle le sera dix-huit ans, l’un des plus longs règnes de toute l’histoire de la Maison de Molière. En 1990, lors de la disparition d’Antoine Vitez, elle sera la seconde femme, après Claude Winter, à assurer, par intérim, la fonction d’administrateur général. Après avoir participé à l’entrée au Répertoire de Jean Audureau avec Félicité et d’Aimé Césaire dans la Tragédie du Roi Christophe, elle est Madeleine, dans Savannah Bay, pour la spectaculaire entrée de Marguerite Duras sur le plateau de la Salle Richelieu, en 2002. Enfin, elle est Winnie, dans Oh les beaux jours de Samuel Beckett, en 2005.
Elle fait part de son intention de se retirer de la Maison de Molière à la fin de l’année 2006. En janvier suivant, dans la plus pure tradition des fêtes données en l’honneur des grands acteurs du Français, Catherine Samie fait ses adieux à la Comédie-Française lors d’une soirée mémorable, Jubilé jubilant, où toute la Troupe lui rend un hommage sans solennité mais vibrant de l’amour de la vie et du théâtre dont elle aura témoigné sans relâche. « Aujourd’hui, nous pleurons celle que beaucoup d’entre nous ont eu la chance d’appeler, avec révérence et affection, ‘Madame le Doyen’ et qui, tout au long de son décanat, s’est battue pour porter au plus haut les valeurs d’exigence et d’excellence qui font la Comédie-Française », dit avec émotion Clément Hervieu-Léger au nom de la troupe de la Comédie-Française, qui saluera sa mémoire lors de la représentation du 15 janvier, dans la Salle Richelieu, à l’occasion de l’hommage à Molière rendu ce soir-là. « Elle qui a tant aimé Molière et qui le trouvait si beau, y verra sans doute la plus belle manière de tirer sa révérence. »



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