Sceneweb
  • À la une
  • Actu
  • Critiques
    • Coup de coeur
    • A voir
    • Moyen
    • Décevant
  • Interviews
  • Portraits
  • Disciplines
    • Théâtre
    • Danse
    • Opéra
    • Cirque
    • Jeune public
    • Théâtre musical
    • Marionnettes
    • Arts de la rue
    • Humour
  • Festivals
    • Tous les festivals
    • Festival d’Avignon
    • Notre Best OFF
  • Cliquez pour ouvrir le champ de recherche Cliquez pour ouvrir le champ de recherche Rechercher
  • Menu Menu

Yvann Alexandre tire sa révérence avec tendresse et avec joie

Angers, Danse, Les critiques, Moyen, Nantes, Paris
N.éon de Yvann Alexandre photo Clara Baudry
N.éon d'Yvann Alexandre

Photo Clara Baudry

Avec N.éon, le chorégraphe Yvann Alexandre signe son dernier spectacle avant de dissoudre sa compagnie après trente ans de création. Une proposition tout en organicité, qui n’évite cependant pas l’effet catalogue. 

C’est avec les yeux humides qu’Yvann Alexandre envisage cette dernière première. Car c’est avec N.éon que le chorégraphe a décidé de quitter la scène et de dissoudre sa compagnie, après trente ans de vie commune, pour se consacrer à la direction de Pole-Sud, le CDCN de Strasbourg, dont il prendra la tête le 1er septembre prochain. « Il faut savoir s’arrêter quand tout va bien, sourit-il, dans la sérénité. » La compagnie qu’il fonde, précoce, à l’âge de 16 ans aura tourné dans le monde entier et aura connu de beaux succès, comme le très remarqué Se méfier des eaux qui dorment en 2021. Pourtant, le chorégraphe a choisi de jouer son ultime tour de piste seulement neuf fois, dans sept lieux triés sur le volet, dans ces endroits qui lui ont été fidèles ou qui lui ont apporté leur soutien à des moments clefs de sa carrière.

Ainsi, tout commence par des dos nus, illuminés d’un seul rai de lumière. Sans bras, sans tête, ce sont seulement des omoplates qui ondulent, des épaules qui se haussent dans les premières notes de la composition musicale de Jérémie Morizeau, comme un rappel à l’intériorité du mouvement. Tout autour du plateau, une bande métallique enserre la scène, inspirée de l’oeuvre de Žilvinas Kempinas, figure lituanienne de l’art cinétique, qui travaille le lien entre gravité et mouvement. À la manière de boules de flipper, les danseurs entrent, échangent leurs trajectoires, interagissent et s’éjectent du plateau à tour de rôle. Des cordages agrémentés d’une lumière pendent des tringles, composant une étrange forêt constellée. Ils sculptent ainsi l’espace scénique et ne seront jamais bousculés, les corps évoluant avec respect autour de ces troncs stalactites. Des lignes droites enfin, façon parking ou échiquier, dallent le plateau. Horizontales ou verticales, ces lignes de force structurent le mouvement dans ses trois dimensions, lui donnent un cadre que les corps vont s’employer à dépasser. 

À travers une épopée où les tableaux se multiplient comme un livre d’images, la proposition explore une palette d’intentions diverses, au long de variations en groupe ou en duo : la mélancolie d’amples mouvements de bras sur une symphonie de Brahms, la joie enfantine de courses-poursuites, la séduction de corps qui se cherchent, la tendresse de bras qui se trouvent, une parade pré-nuptiale pleine de rebonds, l’inquiétude d’un rythme lancinant qui s’accélère, l’absurdité d’un défilé martial, l’étrangeté d’une plongée en profondeurs marines, le pas de deux d’un amour finissant… Avec, toujours, un travail émouvant sur les visages qui ne cessent de se toucher, de se prendre entre les mains, de s’embrasser, et surtout de se regarder. Car c’est bien à travers le travail sur le regard que la proposition émeut, comme un lien indéfectible qui unit tous les corps. Le secret ? Ajouter six micro-variations possibles dans chacune des partitions des interprètes, les obligeant à rester toujours attentifs au chemin que leur partenaire emprunte afin de réagir en fonction de sa proposition. Ce qui génère un mouvement extrêmement organique, bien que très écrit.

Une organicité qui n’évite paradoxalement pas l’effet catalogue, généré par un enchaînement presque abrupt de tableaux qui peinent à faire lien les uns avec les autres tant les ruptures de ton sont nombreuses. La joyeuse valse teintée de paillettes, telle une marche exaltée à travers la forêt magique, est donc malheureusement appauvrie par un rendu presque scolaire, quand le feu d’artifice aurait été espéré.

Fanny Imbert – www.sceneweb.fr

N.éon
Conception et chorégraphie Yvann Alexandre
Avec Arthur Bordage, Morgane Di Russo, Alexandra Fribault, Adrien Martins, Tristan Sagon
Création lumière et scénographie Yohann Olivier
Création sonore Jérémie Morizeau
Musiques additionnelles Symphony No.3 in F Major, Op. 90: III. Poco allegretto de Johannes Brahms – Brahms : Symphony No.3 (1883) interprété par Berliner Philharmoniker, Claudio Abbado, Label DEUTSCHE GRAMMOPHON ; Piano Sonata No.20 in A, D.959_ II. Andantino de Franz Schubert-Maurizio Pollini, Label DEUTSCHE GRAMMOPHON
Assistant chorégraphie Louis Nam Le Van Ho
Couture Cathy Le Corre

Production association C.R.C. – compagnie yvann alexandre
Coproduction Le Carré, Scène nationale – Centre d’art contemporain du Pays de Château-Gontier, Le lieu unique – scène nationale de Nantes, TROIS C-L – Maison pour la danse, Luxembourg, Centre Chorégraphique National de Nantes, Mixt – Terrain d’arts en Loire-Atlantique
Accueils en résidence Cndc Angers, la libre usine – le lieu unique scène nationale de Nantes, Le Quatrain -BRAVOH! à Haute-Goulaine, Fabrique Chantenay-Bellevue à Nantes, Ballet du Nord – CCN et VOUS ! à Roubaix, VIADANSE – Centre Chorégraphique National de Bourgogne Franche-Comté à Belfort, Centre Chorégraphique National de Tours, TROIS C-L – Maison pour la danse à Luxembourg, Le Carré, Scène nationale – Centre d’art contemporain du Pays de Château-Gontier
Soutiens État – DRAC des Pays de la Loire, Département du Maine-et-Loire, Ville de Nantes, ADAMI

Durée : 50 minutes

Vu en février 2026 au Carré, Scène nationale – Centre d’art contemporain d’intérêt national de Château-Gontier

Théâtre de la Cité Internationale, Paris, dans le cadre du festival Faits d’hiver
le 19 février

Le Quatrain, Haute-Goulaine, dans le cadre de la saison culturelle BravOH!
le 12 mars

THV, Saint-Barthélemy-d’Anjou, en partenariat avec le Cndc, dans le cadre du festival Conversations
le 17 mars

Salle de la Licorne, Les Sables-d’Olonne, dans le cadre de la Biennale de la danse
le 27 mai

Le lieu unique, Scène nationale, Nantes
du 2 au 4 juin

Les Scènes Vagabondes, Nantes
le 27 juin

5 février 2026/par Fanny Imbert
Partager cette publication
  • Partager sur Facebook
  • Partager sur X
  • Partager sur WhatsApp
  • Partager sur LinkedIn
  • Partager par Mail
  • Lien vers Instagram
Vous aimerez peut-être aussi
3 Works for 12 de Alban Richard
GRAINS de Simon Feltz
Yvann Alexandre Yvann Alexandre, nommé à la direction du Centre de développement chorégraphique national POLE-SUD de Strasbourg
« Les jupes’ de Soraya Thomas
Christophe Perton monte Le Bel Indifférent de Cocteau avec Romane Bohringer au Théâtre de l'Atelier Le Bel Indifférent sous un plafond de verre
Une carte, des territoires en réflexion
Amélie Chanat « Se méfier des eaux qui dorment » de Yvann Alexandre
0 réponses

Laisser un commentaire

Rejoindre la discussion?
N’hésitez pas à contribuer !

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Dans le moteur de recherche, plus de 22 000 spectacles référencés

Search Search
© Sceneweb | Création site et Maintenance WordPress par Limbus Studio
  • L’actualité du spectacle vivant
  • Qui sommes-nous ?
  • Newsletter
  • Politique de confidentialité
  • Signaler un abus
  • Contact
  • Politique de cookies (UE)
Faire défiler vers le haut Faire défiler vers le haut Faire défiler vers le haut