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« Pas de souci », avec plaisir

A voir, Les critiques, Paris, Théâtre
Solal Bouloudnine et Maxime Mikolajczak dans Pas de souci
Solal Bouloudnine et Maxime Mikolajczak dans Pas de souci

Photo Martin Argyroglo

L’engueulade entre amis constitue un inépuisable ressort comique drôlement réactualisé dans Pas de souci par le trio Solal Bouloudnine, Maxime Mikolajczak, Olivier Veillon. Dans une salle de Mif-Müf, deux copains bobos en viennent à s’étriper sur fond de crise écologique et de relations numériques. Et la séance de sport vire au cauchemar.

Générique de début : sur l’écran, au centre de la scène, « Pas de souci », en lettres rouges sanguinolentes, dégouline façon film d’horreur. Ça sent la blague, et Solal Bouloudnine n’en est pas avare. Il riait dans Seras-tu là ? de son angoisse de la mort contractée enfant avec celle de Michel Berger. Ici, il démarre en écoutant, avec un plaisir un peu honteux, du Céline Dion. On est dans une salle de Mif-Müf. Un sport complètement improbable dont on ne connaîtra jamais les règles, qui mêle basket, morpion, spikeball et grand n’importe quoi. Guillaume et Fabien ont loué la salle pour une heure, le temps du spectacle, et Annick, une IA, les accueille, leur parle, leur propose des produits dès qu’ils expriment un besoin. On est quelque part entre 2037 et 2042. À cette époque, les oiseaux tombent comme à Gravelotte dans les rues, et on peut se mater des vidéos directement sur l’écran de nos pupilles.

Dystopie, certes, mais ce n’est que pour le cadre de l’histoire. Pour le reste, le ressort est intemporel. « Peu d’amitiés subsisteraient, si chacun savait ce que son ami dit de lui lorsqu’il n’y est pas », écrivait Blaise Pascal. Les deux copains commencent donc par dire du mal des autres, puis en viennent à se critiquer mutuellement, gentiment, avec précaution, mais, petit à petit, la tension monte, les désaccords se multiplient, se creusent. On abandonne la politesse et la délicatesse, on laisse parler ce qu’on pense au fond et qui n’est jamais bon. Mais drôle. Art, Pour un oui ou pour un non… Parmi des désormais classiques, on compte bien des explorations des failles de nos amitiés. Ici, elles sont prises en mode farce. Deux bobos d’un futur proche, donc, qui font le point après leurs vacances partagées dans une maison avec piscine. Il y a Guillaume, interprété par Solal Bouloudnine. Ventripotent moins winner que son pote sportif Julien, le quadra sympa, musclé, irréprochable, interprété par Maxime Mikolajczak. Les deux ont écrit Pas de souci avec Olivier Veillon, qui les met en scène.

Le duo rigolo traverse les petitesses dont nous sommes tous capables, tout ce mal des autres qu’on pense et qu’on ne dit pas, et qui va finir ici par sortir de la bouche du volcan. Reproches sur les enfants, sur l’éducation qu’on leur donne, sur la maison avec piscine qu’on a choisie pour passer les vacances ou sur une dette qui, en temps normal, n’aurait pas lieu d’être, tout cela ne peut évidemment que mal finir. Toute cette hypocrisie, ces mesquineries et cette violence contenue mènent inéluctablement à un crescendo de l’affrontement dont le Mif-Müf se fait un temps l’objet de transfert avant de ne plus être capable de canaliser la guerre. Il ne reste plus alors qu’à s’affronter en corps-à-corps en mode catch gore et à finir les tripes à l’air avant de se dire que, pourtant, on s’aime. Simple, drôle et divertissant, Pas de souci parle en même temps d’aujourd’hui, d’une époque qui hystérise les affrontements, et dresse le portrait de garçons quadras qui ne sont pas beaucoup moins impulsifs et pleins de désir de toute-puissance que des enfants, ces enfants des autres dont ils aiment pourtant moquer les travers. C’est un exercice de style sur une trame connue qui sent bon l’air du temps.

Eric Demey – www.sceneweb.fr

Pas de souci
Jeu et écriture Solal Bouloudnine, Maxime Mikolajczak
Mise en scène et écriture Olivier Veillon
Avec les voix de Anne Steffens, Lyn Thibault
Costumes Sophie Benoît
Création lumière et son, régie François Duguest et Vinciane de Mulder
Régie générale Vinciane de Mulder
Cascades David Grolleau
Conseillère scénographie Floriane Benetti

Production Compagnie MIAM MIAM
Coproduction Le NEST – CDN transfrontalier de Thionville Grand-Est ; Les Célestins – Théâtre de Lyon ; Le Carreau Forbach – Scène Nationale de l’Est Mosellan
Accueil en résidence Le Centquatre (Paris) ; Théâtre Ouvert (Paris) ; Maison des Métallos (Paris) ; Château de Monthelon – Atelier International de Fabrique Artistique ; L’Espace des Arts – Scène Nationale de Chalon-sur-Saône
Avec le soutien de la Ville de Dijon, la Région Bourgogne Franche-Comté et la DRAC Bourgogne Franche-Comté

Durée : 1h

Maison des Métallos, Paris
du 3 au 13 février 2026

Théâtre du Rempart, Semur-en-Auxois
le 26 février

5 février 2026/par Eric Demey
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