Dans un petit village du Sud-Ouest de la France naît un enfant au nom de Ix, à l’identité incertaine et mouvante. Comme un album de musique pop à 17 pistes, cette performance en 17 fragments aux formes d’écriture radicalement différentes les unes des autres, retrace l’existence de ce personnage. De la naissance à l’âge adulte, s’explorent les différentes strates de violences – sociale, familiale, historique – qui jalonnent l’existence d’un enfant queer, et finalement le constituent.
Par la fiction, mais aussi par le décalage, le comique, le show, le monstrueux et l’art du drag, Marcos Caramés-Blanco et Lucas Faulong composent un ensemble fragmentaire, queer, à la recherche d’un élan utopique, s’affranchissant des représentations schématiques imposées aux êtres qui n’entrent pas dans la norme sociale.
« Au départ de l’écriture, il y a le sentiment qu’on passe sa vie entière à se remettre de son enfance. Les paysages familiaux de la campagne pyrénéenne. Et un enfant au visage tuméfié par les coups qui court à toute allure en dévalant les montagnes cramées par le soleil. Il rit, il rit, il rit. Jusqu’à ce qu’il se jette du haut de la falaise. Des flashs traumatiques qui surgissent plus tard, dont on n’est plus bien sûr. Et puis il y a le jour où on réalise qu’on vit avec du plomb dans le corps. Cette balle qui nous perfore la poitrine, impitoyable. Quel que soit notre âge. Quel que soit le nombre de gilets pare-balles que nos parents nous ont accrochés au buste. Le sniper, on se le prend en pleine gueule. La balle est inextricable, stigma chronique, dévastateur et magnifique. La norme devient indigeste, et la marge nous saisit.
[…] L’enfance est ce moment où nous ne sommes que gouverné·es, où notre marge de liberté et de résistance est la plus réduite. Où il est primordial de rentrer dans le rang pour survivre, se renier pour ne pas céder. Pourtant, l’enfant queer résiste à tout, car ce qu’il vit n’est pas nommé, n’a pas de nom pour lui. C’est son existence même qui est le problème pour la société hétéropatriarcale, qui tout au long de l’histoire est allée, au nom de la médecine, jusqu’à inventer multiples sortes de tortures, opérations et traitements pour faire disparaître en lui la « déviance ».
Et c’est dans cette forme de puissance que je souhaite creuser cette figure, une figure, Ix, à travers la fiction, mais aussi par le décalage, le comique, le show, le monstrueux, à la recherche d’un élan utopique d’affranchissement des représentations schématiques habituelles qui sont faites des êtres qui n’entrent pas dans la norme sociale, souvent traitées sur un mode déploratif mettant en avant la souffrance qui forme nos réalités marginales. » – Marcos Caramés-Blanco
Ix : variations
Texte Marcos Caramés-Blanco
Mise en scène Marcos Caramés-Blanco, Sacha Starck
Avec Sacha Starck
Collaboration artistique Maëlle Dequiedt
Création sonore Thibaut Farineau
Création lumière Enzo Cescatti
Costumigraphie Noé Quilichini
Régie générale Timothée ViernePRODUCTION DÉLÉGUÉE Théâtre de la Bastille
COPRODUCTION Les Quinconces et L’Espal, Scène nationale du Mans ; Théâtre Ouvert – Centre National des Dramaturgies Contemporaines pour la re-création en salle
SOUTIEN La Colline-théâtre national ; La Chartreuse – CNES de Villeneuve-lez-Avignondu 20 au 31 janvier 2026
Théâtre Ouvert – Centre National des Dramaturgies Contemporaines, Paris


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