Avec le solo AFTER ALL, la chorégraphe Solène Weinachter convie le public à la mise en scène de ses funérailles, dans une autofiction où les gags s’entrechoquent avec des réflexions sur la peur de mourir et la postérité.
Avant d’entrer dans la salle, Solène Weinachter accueille le public avec une accolade, un bouquet de roses rouges à la main. Son sourire chaleureux ne laisse pas présager le thème de la pièce qui s’apprête à commencer : la mort. Interprète, entre autres, pour les chorégraphes Hofesh Shechter et Ben Duke, elle est depuis 2012 danseuse au Scottish Dance Theatre. La chorégraphe française installée en Écosse dévoile, avec le solo AFTER ALL, une autofiction de ses funérailles, où elle invente, avec humour, un rite funéraire contemporain.
C’est l’histoire de Solène, qui prend le train depuis Londres pour aller en Corrèze assister aux obsèques de son oncle Bob. Prenant comme point de départ cette anecdote – où elle improvise une danse interprétative autour du cercueil sur My Way de Sinatra jouée au pipeau, à la demande de son père –, elle imagine un rituel pour ses propres funérailles. En s’adressant directement à la salle, devenu le public test de son enterrement, Solène Weinachter passe en revue les différents éléments de la mise en scène de cet événement, avec une distance humoristique. Au programme : pleureuses et faux montage filmé en super 8, où elle se balade à la plage avec des enfants, qu’elle dit avoir « loués » pour l’occasion.
Poursuivant cet ego trip, elle confie vouloir entrer dans la postérité en marquant l’esprit du public, en tourbillonnant dans un body argenté scintillant sur le tube disco I Feel Love de Donna Summer. Si, à travers cette pièce, Solène Weinachter désacralise l’événement tabou et effrayant qu’est la mort, y insufflant un élan de joie collective, cette volonté de contrôle de son trépas ne semble pas anodine. Dans cette série de gags à la saveur douce-amère, où elle évoque ses questionnements en tant qu’artiste dans un monde en crise et ses peurs liées à la montée des nationalismes en Occident, mettre en scène sa propre mort apparaît comme un fantasme de dernier ressort. Une manière, peut-être, de se demander : à défaut d’avoir une prise sur la vie, peut-on encore contrôler notre mort ?
Belinda Mathieu – www.sceneweb.fr
AFTER ALL
Chorégraphie et interprétation Solène Weinachter
Scénographie Matthias Strahm
Lumières Emma Jones
Vidéo Rachel Bunce
Conseil à la dramaturgie Chris Thorpe
Regard extérieur Lisa Fannen, Neil CallaghanAvec le soutien de Creative Scotland – Dance North – Dundee Rep and Scottish Dance Theatre – The Work Room – Dance Base – The Space – Made in Scotland – British Council dans le cadre du programme Royaume-Uni/France Spotlight sur la Culture 2024 Imaginons Ensemble.
Durée : 1h
Théâtre de la Ville, Paris
du 11 au 14 février 2026Staatstheater Mainz, Mayence (Allemagne)
le 27 févrierEastwood Theatre, Giffnock (Écosse)
le 19 marsDalry Town Hall, Glenkens (Écosse)
le 20 marsLetham Village Hall (Écosse)
le 21 marsEden Court Theatre, Inverness (Écosse)
le 29 maiNethy Bridge Village Hall (Écosse)
le 30 mai



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