Next, en français « au suivant », est aujourd’hui utilisé dans le langage courant pour « dégager sans sommation » une personne de sa vie affective. Next fait jouer la concurrence et la consommation dans les relations interpersonnelles.
Considérant sa vie intime comme un cas d’école du capitalisme émotionnel, scopique et sexuel, Anne Laure s’attèle à repousser les limites de la traditionnelle scène des explications. Dans cette performance, elle enjoint celui qui la quitte à répondre à une question qui en contient plusieurs centaines d’autres : Pourquoi ? Elle interroge moins l’amant en personne que toutes les forces qui ont agi sur lui pour liquider leur amour.
Elle monte la vitesse de son tapis de course à environ 9 km/h et déploie pendant plus d’une heure à court de souffle le résultat argumenté de sa recherche sur l’influence du néolibéralisme, du patriarcat et de la sexualisation généralisée de l’économie sur sa propre vie. Cet exercice de vérité physique révèle son patient, puissant et brûlant désir pour un amour transformateur, libéré des logiques de marché. ?
Le deuxième volet de Next, autopsy d’un massacre amoureux, triptyque présenté en décembre 2024, engage le corps de la performeuse à plusieurs endroits. Celui de la douleur d’abord, lorsqu’il s’agit de déclamer son monologue sur un tapis de course qui accélère progressivement, entourée d’écrans de télévision qui diffusent en boucle ses questionnements pixelisés. Celui du sensible, ensuite, lorsque les larmes coulent en abondance quand il faut s’adresser à l’être aimé qui rompt la relation. En reprenant les théories de sociologues et philosophes tels que Eva Illouz, Hartmut Rosa ou Zygmunt Bauman, Anne-Laure Thumerel explicite avec une raisonnement implacable l’impasse affective des relations moulées par un capitalisme émotionnel qui tire profit des injonctions à l’épanouissement personnel et à la sexualité récréative. En prises avec les “logiques de marché de la baise”, la comédienne interroge avec sensibilité et humour la rationalité de nos décisions lorsqu’il s’agit d’amour, dans une performance où le public peut déambuler à sa guise.
Next, autopsy d’un massacre amoureux
Conception Anne-Laure Thumerel, Emma Guizerix
Texte et jeu Anne-Laure Thumerel • Création vidéo Katell Paugam • Création lumière Enzo Cescatti • Administration Marie Remacle
Production L’Ensemble 21, Komos Structura
Coproduction MTA – Maison du Théâtre d’Amiens, La Maison de la Culture d’Amiens – Pôle européen de création et de production – Scène nationale d’AmiensAvec le soutien financier d’Amiens Métropole, de la Région Hauts-de-France, du Ministère de la Culture – DRAC Hauts de France, et du Pôle européen de création Amiens-Valenciennes CAMPUS en partenariat avec le Centre Culturel Léo Lagrange d’Amiens, la Maison de l’Architecture des Hauts-de-France, Le Chaudron – scène des étudiants – Amiens Picardie, Les Avant-Postes à Bordeaux, Le Campus du Pôle européen de création Amiens-Valenciennes, L’OARA – Office Artistique de la Région Nouvelle-Aquitaine, ALCA – Agence Livre, Cinéma & Audiovisuel en Nouvelle-Aquitaine, Programme de recherches ETC 21, Université Bordeaux Montaigne, Hélène des Ligneris, La Machine à Lire, et la Collection Lambert.
Le texte a paru aux éditions komos en janvier 2025.
La saison Prémisses 2025.2026 dédiée à la Jeune Création théâtrale en salle Christian-Bérard est soutenue par le Cercle de l’Athénée et des Bouffes du Nord, et sa Fondation abritée à l’Académie des beaux-arts.
du mardi 13 au samedi 17 janvier 2026 à 20h30
samedi 24 janvier 26 à 18h30
Athénée Louis Jouvet, Paris6 février 2026
Théâtre Marcelin Berthelot, Montreuil6 mars 2026
Le Cabaret des curiosités du Phénix – Scène Nationale de Valenciennes30 avril 2026
Théâtre de la Cité, Marseille dans le cadre de la biennale des écritures du réel6 juin 2026
Festival Chahuts, Bordeaux






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